Category: Livres,Romans et littérature,Littérature italienne

Portes ouvertes Details

A Palerme, en 1937, un homme tue: un triple crime, des meurtres ignobles. On est sous le fascisme, la peine de mort existe, il n'y a qu'à l'appliquer. Un juge s'y oppose, convainc le jury, brise ainsi sa carrière." C'est une histoire qui a vraiment eu lieu et que j'ai traitée très librement... " dit Sciascia. Après Hugo, Tolstoï, Camus... un autre écrivain contre la peine de mort.Sciascia ne sort pas de sa manière habituelle, reconstruisant, en même temps que le fait divers et le procès, un certain milieu palermitain une certaine année de l'ère fasciste.La peine de mort: une institution négatrice du Droit et fasciste dans son essence.Portes ouvertes: un récit en même temps qu'une méditation sur la justice à partir d'une situation limite.C.A.

Reviews

La peine de mort, abolie en Italie dès 1889, fût rétablie en 1926 sous l'ère fasciste, pour finalement être à nouveau abolie en 1947.L'état fasciste combattit avec" force" les bandits de toute sorte qui sévissaient en Sicile allant jusqu'à affirmer que les Siciliens pouvaient grâce à lui dormir "les portes ouvertes". Suprême métaphore de l'ordre, de la sécurité et de la confiance apportés par le régime mussolinien.Ces précisions me paraissent nécessaires pour justifier le titre du récit et d'entrée de jeu d'en dévoiler le contenu.Nous sommes à Palerme en 1937. Un homme tue à trois reprises: une des victimes est sa femme, ce qui est un moindre mal pour la société sicilienne de l'époque très sourcilleuse en matière d'infidélité conjugale et empreinte d'un profond machisme. l'autre un de ses collègues mais ce qui est le plus grave c'est que le troisième est un avocat fasciste. Nul doute que de ce fait l'assassin finisse fusillé.Cependant un Juge appuyé par un des jurés (appelés assesseurs sous le fascisme) vont tout faire pour que le criminel échappe à la peine capitale. Il sait qu'il en va de sa carrière mais rien ne le fera changer d'avis.Cette histoire réelle permet à Leonardo SCIASCIA avec beaucoup d'élégance et même une dose d'humour et d'ironie, grâce à son inimitable écriture claire et rythmée, de nous dresser le portrait d'un certain milieu palermitain sous l'ère fasciste. Un fascisme plus de façade que de conviction.Pour l'auteur la peine de mort est une institution négatrice du Droit et fasciste dans son essence. Il en profite pour méditer sur la justice à partir d'une situation extrême. Comme toujours dans ses ouvrages Leonardo SCIASCIA ne fait preuve d'aucun manichéisme mais exprime avec fermeté et conviction ce que sont ses idées pour rendre sa dignité à l'être humain ou pour qu'il ne la perde pas. Sa démonstration n'est jamais ennuyeuse car elle nous place dans des situations où tout un chacun pourrait se voir confronté. Le lecteur se retrouve au c?ur de l'action avec les contradictions qui peuvent être les siennes. De la belle ouvrage.

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